Le rugby est considéré comme l'un des sports de compétition les plus "virils", du fait notamment de la violence de certaines phases du jeu et des excès éthyliques et sexuels des fameuses "troisièmes mi-temps". Dans ce monde, les femmes ne peuvent être que des "mamans" ou des "putains". L'expansion du rugby féminin remettra-t-elle en cause l'édifice symbolique de ce qui constitue une véritable initiation masculine ? Initiation qui imposait déjà des jeux ambigus avec la définition des sexes, dont témoigne le soupçon d'homosexualité (plus ou moins "refoulée") qui pèse sur les joueurs.
Si l'on choisit ses amis, on ne peut pas choisir sa famille, déplore l'adage. Ce livre collectif démontre que, bien au contraire, la volonté tient de plus en plus de place dans la création de la filiation. C'est le cas notamment entre parents et enfants adoptés, qu'il s'agisse d'adoptions légales ou de celles, par leurs pères, d'enfants nés d'insémination avec donneur, ou encore d'" adoptions " informelles au sein des familles recomposées.
Contributions de Agnès Fine, Monique Jeudy-Ballini, Michèle Laborde-Barbanègre, Claudine Leduc, Agnès Martial, Véronique Moulinié, Françoise-Romaine Ouellette, Sylvie Sagnes, Bernard Saladin d'Anglure, Bernard Vernier
À partir d'une patiente et minutieuse enquête ethnohistorique sur le cheval noir de la Nièvre, Bernadette Lizet nous invite à une passionnante réflexion sur l'émergence des races de trait au siècle dernier et interroge la notion de " sang sous la masse ".
Bijoux fantaisie, exotiques ou " ethniques " contre bijoux précieux ou " de famille ", les bijoux se conjuguent aujourd'hui à tous les modes au mépris des frontières spatiales et temporelles. Loin de réduire les bijoux à la somme de leurs usages, à leur dimension historique ou esthétique d'objets précieux, l'auteur cherche à en capter les éclats fugaces entre la présence et l'absence, le secret et le dévoilement, l'oubli et le souvenir.
Dans tous les cas, acheter un bijou, l'offrir, le vendre, le transformer, le perdre ou l'abandonner sont autant d'actes par lesquels un individu se pose comme personne et affiche la nature des relations qu'il entretient avec les autres.
L'application à un terrain français des méthodes de l'ethnologie classique, la minutie et la qualité de l'observation font de "Minot" une entreprise qui fait désormais référence. Dans ce village semblable à bien d'autres, les auteurs ont réussi à restituer la figure vivante d'une petite société rurale et son ordre profond.
Succès des fêtes de la transhumance, faveur toujours plus vive pour les parcs naturels régionaux ou engouement pour les produits de terroir nous ouvrent à une interrogation de fond : que signifie l'investissement actuel pour une campagne chargée de réassurer nos identités ? Étant de plus en plus nombreux à être citadins, ne s'agirait-il donc là que d'une nostalgie ? Mais, les auteurs (ethnologues, géographes et sociologues) montrent ici qu'il ne s'agit pas seulement pour les ruraux de témoigner des valeurs qui les ont fait tenir ; il s'agit aussi, pour une société tout entière (anciens et nouveaux habitants), de se réapproprier un bien commun à partir de projets tournés vers l'avenir. Une multitude d'acteurs (associations, élus, techniciens, agriculteurs, entreprises agro-alimentaires, professionnels du tourisme ou de la culture) débattent à travers la "mise en patrimoine" d'un territoire, d'un foie gras, d'une race domestique, d'un champagne ou d'un savoir-faire …, d'autres types de rapport au monde (à l'espace, au temps, au corps...) qu'il convient d'instituer.
Il fallait bien y passer…, telle est la phrase qui conclut le souvenir des opérations chirurgicales qu'ont subi par le passé des générations d'enfants. Au début de ce siècle, des organes (amygdales, appendice…) sont devenus dangereux pour la croissance. Leur ablation devait, selon les médecins et les mères, débrider le corps et l'esprit enfantins. Injustifiées par la critique scientifique, ces ablations n'ont pas disparu pour autant. Quelle est donc la raison culturelle qui permet d'acclimater ces interventions ? Quelle efficacité les justifie ? L'auteur s'est patiemment mis à l'écoute d'un discours sur les temps de la vie. Celui-ci prend souvent la forme d'un savoir partagé sur les âges critiques du corps, ces moments où se joue l'identité de l'un et l'autre sexes. Dans le milieu paysan et ouvrier aquitain, ces chirurgies de l'âge s'inscrivent dans le schéma des rythmes physiologiques et contribuent à le maintenir et à le renouveler. Mais ce savoir reste l'apanage des femmes.
" Rares sont les entreprises où vos collègues ne perdent jamais une occasion de vous soutenir ", indiquait le slogan d'une récente campagne de recrutement de l'Armée de terre française. Rares aussi sont les métiers où l'engagement requis comprend une telle extrémité; le choix de servir sous les drapeaux implique d'admettre l'éventualité d'avoir à donner ou recevoir la mort. Mais comment y parvient-on? Comment l'institution militaire s'y prend-elle pour transformer de jeunes civils en soldats professionnels prêts à se battre y compris jusqu'au sacrifice de leur propre existence?Fondé sur une enquête ethnographique conduite dans un centre d'instruction militaire auprès de recrues et de leurs formateurs, cet ouvrage interroge les modalités concrètes et enjeux de la fabrique des combattants. Devenir soldat nécessite d'incorporer des techniques et savoir-faire spécifiques, d'aguerrir son corps, d'accroître sa force et sa résistance au prix d'une discipline intense. Mais au-delà, il s'agit d'intégrer une communauté soudée et homogène, de " faire corps " autour de valeurs, de rituels et de traditions partagés qui dépassent le strict cadre de l'instruction opérationnelle. Homme de métier, le soldat est un homme qui doit faire la preuve de ses qualités " viriles ": courage, dépassement de soi et capacité à (faire) endurer la violence se trouvent ainsi au cœur de l'esprit de corps que l'on cherche à transmettre. En dévoilant la pluralité des enseignements militaires, cette recherche met au jour le caractère complexe et parfois ambigu d'une formation dans laquelle il s'agit tout à la fois d'apprendre à combattre et parader.À la croisée d'une ethnologie des savoirs, du corps sexué et des identités socioprofessionnelles, cet ouvrage propose un regard sur une institution politique de premier plan, aujourd'hui particulièrement visible dans l'espace social et pourtant encore largement inaperçue des sciences sociales.
Quelle place tient la télévision dans la vie des adolescents ? Comment constituent-ils leurs relations à l'écran ? Quels liens établissent-ils avec les personnages imaginaires des séries qu'ils regardent ? C'est par une étude minutieuse de la série à succès Hélène et les garçons que l'auteure nous fait découvrir la place jouée par la fiction dans l'apprentissage de la vie sentimentale, son rôle d'accompagnement des premières expériences amoureuses et la position stratégique qu'elle occupe dans la nouvelle définition des identités sexuées.