Anatomie de projets urbains: Bordeaux, Lyon, Rennes, Strasbourg Yannis Tsiomis et Volker Ziegler Fruit d'une expérience originale, voici un travail d'analyse, plus exactement d'introspection, mené trois ans durant auprès de quatre des plus grandes métropoles françaises autour de leur projet urbain. La caractéristique particulière de cette entreprise tient au fait qu'elle a été conduite avec les responsables politiques, les services techniques des villes mais également avec les différents concepteurs des projets. Outre la présentation des voies explorées et du destin choisi par chacune des villes, il s'agit d'observer le jeu des acteurs ainsi que les interactions qui s'établissent entre eux, pour comprendre les ressorts des aménagements proposés aux habitants. Yannis Tsiomis, architecte urbaniste, docteur d'État, professeur à l'École nationale supérieure d'architecture de Paris la Villette, est directeur d'études à l'EHESS. Il réalise des projets architecturaux et urbains en France et en Europe. En 2003, il a obtenu le "Premio Gubbio - Mention d'Honneur" pour le réaménagement du site de l'Agora classique à Athènes. Volker Ziegler, architecte urbaniste, est enseignant à l'École nationale supérieure d'architecture de Strasbourg. Auteur de travaux sur le projet urbain et l'histoire des infrastructures, il a été le secrétaire scientifique de l'action "Projets urbains et nouvelles cultures urbaines" à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine.
VOLUMES DES PLANCHES Énoncées depuis vingt siècles et réactualisées à la Renaissance, les catégories d'"utilitas", de "firmitas" et de "venustas" (utilité, solidité et beauté) forment le cadre conceptuel pour penser et concevoir l'architecture occidentale. Cette trilogie est suffisamment souples pour intégrer les expériences accumulées au fil du temps, et ouvertes aux apports de chaque époque tout comme aux paroles singulières des architectes.
La catégorie d'"utilitas" renvoie aux besoins fondamentaux de l'habitation humaine. Elle se rapporte aux dispositions spatiales et matérielles qui permettent à un bâtiment d'être adapté à sa destination, à son usage, soit à ce que l'on appelle aujourd'hui sa fonction.
La catégorie de "firmitas" est celle des matériaux mise en œuvre. À ce titre elle s'ancre profondément dans l'économie. La classification morphologique des ouvrages de construction, inséparables de leurs systèmes techniques, est abordée au regard de leur capacité à contenir de l'espace habité.
La catégorie du "venustas" est la plus complexe des trois et pose d'emblée la question des finalités de l'architecture. Elle est reliée au concept de " modernité " dont l'évolution du sens au cours du XXe siècle mérite un examen attentif.
Reprenant la forme traditionnelle du traité d'architecture tel qu'instauré à la Renaissance, ce livre entend remettre à jour l'état de la théorie de l'architecture, une discipline pleinement consciente de sa vocation sociale. L'architecture comme l'aventure de la composition est ici restituée à l'aide de l'analyse approfondie d'un certain nombre d'études pour lesquelles l'auteur étudie leur morphologie architecturale, révèle les différentes géométries qui la sous-tendent et les tracés qui ont servi à l'architecte pour les concevoir.
La vue et la lumière sont des facteurs difficilement dissociables qui s'exercent simultanément. La vue est principalement dépendante de l'observateur avec ses composantes subjectives et objectives, alors que la lumière existe indépendamment de lui ; mais elle ne peut être appréciée que par lui, un phénomène qui nous ramène au sujet qui observe et explore visuellement l'espace bâti et habité, en position fixe ou en se déplaçant. Percevoir une forme par les sens et la représenter, graphiquement ou en maquette, est un processus actif qui implique une interprétation mettant en jeu mémoire et intellect. Cela résulte d'une suite d'opérations en partie conscientes et réfléchies, en partie spontanées, avec fréquemment une interprétation qui anticipe le phénomène de perception proprement dit.
Est abordé ensuite le thème des parcours spatio-temporels caractéristiques de certains dispositifs classiquesde l'architecture occidentale tels que les enfilades et les séquences urbaines " à plusieurs mains ", comme on peut l'expérimenter en traversant un secteur du centre historique de Paris qui s'étend des anciennes Halles centrales jusqu'à la place de l'Odéon. Le jardin d'agrément offre quant à lui un vaste domaine de références de procédés scéniques exploités. Il offre un exercice, au-delà de l'utile, où l'on peut juger de la capacité d'imagination symbolique et du sens pratique de leurs concepteurs.
Trois exemples canoniques sont étudiés :
– un jardin de la Renaissance tardive, la Villa d'Este à Tivoli, réalisé au milieu du xve siècle dans la lignée du Songe de Poliphile. Il exploite le thème de l'eau domestiquée sous toutes ses formes ;
– les subtilités d'un jardin de tradition sino-japonaise, l'ermitage de Katsura, unique en son genre, autant par les suites de maisons de thé qu'il propose dans un parcours autour d'une grande pièce d'eau que dans la disposition de la résidence qui les commande, par décalages obliques dits en " vol d'oies " ;
– un jardin préromantique d'inspiration anglo-chinoise, très à la mode au cours des dernières décennies des Lumières parisiennes, en symbiose avec la maison Caron de Beaumarchais aménagée au voisinage de la Bastille.
La notion de " continuum spatial " est un mode d'organisation de l'espace rendu possible notamment par l'usage d'ossatures métalliques puis en béton armé autorisant une certaine autonomie des enveloppes par rapport à la structure bâtie. Il ne doit pas être seulement envisagé sous son seul aspect formel et ses effets plastiques, mais aussi comme une façon d'habiter l'espace avec des pratiques spécifiques. Les limites entre les intérieurs habités et le contexte extérieur commencent à s'estomper. Un mode de vie nouveau ouvre la voie à un processus de dissolution entre domaines privé et public. Les caractères associés aux anciennes manières de définir l'espace, notamment résidentiel, par pièces distinctes et séries de plans se succédant dans une enfilade, disparaissent au profit de mise en continuité des parois-limites des pièces entre elles. De nouvelles enveloppes spatiales introduisent et mettent en valeur des suites modulables de vues, de lumières ou de passages entre les intérieurs et les extérieurs, avec une dématérialisation partielle de ces enveloppes tirant parti de correspondances d'alignements, de l'implicite à l'explicite. Les rapports plein-vides, les jeux de lumières directes ou réfléchis, les distributions sont effectivement modifiés. L'auteur distingue deux types d'opération pour décrire et analyser ce mode d'organisation en " continuum " : la décomposition et la fusion. Le pavillon de Barcelone de Mies van der Rohe (1929) et l'orphelinat d'Aldo van Eyck (1959) sont des références de décomposition contrôlée où les architectes utilisent un principe de dissociation et de compénétration des limites avec apparition d'espaces intermédiaires et des effets alternés d'ouverture et de fermeture. Le pavillon de la Finlande d'Alvar Aalto pour l'Exposition universelle de New York (1939) et la maison Duncan de Bruce Goff (1965-1967) déclinent des procédés de fusion. Ce mode exploite un jeu de déformations continues des parois sur le thème de l'ondulation dont les replis donnent lieu à des effets divers entre enveloppes internes et externes.
La notion de " continuum spatial " est un mode d'organisation de l'espace rendu possible notamment par l'usage d'ossatures métalliques puis en béton armé autorisant une certaine autonomie des enveloppes par rapport à la structure bâtie. Il ne doit pas être seulement envisagé sous son seul aspect formel et ses effets plastiques, mais aussi comme une façon d'habiter l'espace avec des pratiques spécifiques. Les limites entre les intérieurs habités et le contexte extérieur commencent à s'estomper. Un mode de vie nouveau ouvre la voie à un processus de dissolution entre domaines privé et public. Les caractères associés aux anciennes manières de définir l'espace, notamment résidentiel, par pièces distinctes et séries de plans se succédant dans une enfilade, disparaissent au profit de mise en continuité des parois-limites des pièces entre elles. De nouvelles enveloppes spatiales introduisent et mettent en valeur des suites modulables de vues, de lumières ou de passages entre les intérieurs et les extérieurs, avec une dématérialisation partielle de ces enveloppes tirant parti de correspondances d'alignements, de l'implicite à l'explicite. Les rapports plein-vides, les jeux de lumières directes ou réfléchis, les distributions sont effectivement modifiés. L'auteur distingue deux types d'opération pour décrire et analyser ce mode d'organisation en " continuum " : la décomposition et la fusion. Le pavillon de Barcelone de Mies van der Rohe (1929) et l'orphelinat d'Aldo van Eyck (1959) sont des références de décomposition contrôlée où les architectes utilisent un principe de dissociation et de compénétration des limites avec apparition d'espaces intermédiaires et des effets alternés d'ouverture et de fermeture. Le pavillon de la Finlande d'Alvar Aalto pour l'Exposition universelle de New York (1939) et la maison Duncan de Bruce Goff (1965-1967) déclinent des procédés de fusion. Ce mode exploite un jeu de déformations continues des parois sur le thème de l'ondulation dont les replis donnent lieu à des effets divers entre enveloppes internes et externes.