C'est un moment rare lorsque s'ouvre une nouvelle bibliothèque d'histoire de l'art. Elle nous offre un nouvel espace, plus: un nouvel outil. Un nouveau rapport au temps, au savoir, à la pensée. Fût-ce avec l'héritage combiné de fonds d'ouvrages déjà constitués avant et ailleurs, elle inaugure, par sa configuration inédite et son fonctionnement, de toutes nouvelles possibilités pour la recherche, pour la connaissance et la pensée sur les images, sur leur histoire. Une nouvelle bibliothèque d'histoire de l'art serait donc, à strictement parler, un ouvroir d'histoires de l'art potentielles (il faut évidemment écrire "histoires de l'art" au pluriel, puisque qui dit potentialité dit aussi multiplicité des possibles).
Georges Didi-Huberman, philosophe et historien de l'art, enseigne à l'École des hautes études en sciences sociales depuis 1990. Professeur invité dans de nombreuses universités étrangères, il a reçu en 2015 le prix Theodor W. Adorno. Il a dirigé les expositions " Atlas " (Madrid, Reina Sofia, 2010), " Memory Burns " (Pékin, OCAT, 2015) et " Soulèvements " (Paris, Jeu de Paume, 2016) et est l'auteur, entre autres, de L'Invention de l'hystérie (1982, 2014), Devant l'image (1990), Images malgré tout (2003), Phalènes (2013) et L'Œil de l'Histoire (5 vol., 2009-2016).