Pièce maîtresse de l'héritage antique, la mythologie classique fut, à la Renaissance, l'objet de multiples élucidations, interprétations et adaptations à un nouveau contexte religieux, politique et culturel. Loin de se réduire à un ornement ou à un réservoir d'exemples et de modèles, elle demeure une forme symbolique capable de pallier les insuffisances de la formulation conceptuelle et nourrit non seulement les récits des origines et la littérature encomiastique, mais aussi le lyrisme personnel.
Analysant des mythes et des auteurs variés, ce volume explore un corpus littéraire et iconographique encore trop souvent méconnu et apporte un éclairage nouveau aux études sur la mythologie à la Renaissance.
Professeur à l'Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, Jean-Michel Croisille est l'auteur d'une thèse remarquée intitulée Poésie et art figuré de Néron aux Flaviens et de multiples publications sur la poésie et la peinture romaines. Ses recherches l'ont naturellement amené à s'intéresser à l'histoire de Rome et à sa représentation aux époques moderne et contemporaine. Co-fondateur de la Société internationale d'études néroniennes, dont il est aujourd'hui le président d'honneur, il a organisé plusieurs colloques internationaux sur l'époque du prince artiste et donné à cette société un rayonnement européen.
Dans le sillage de ses travaux, une trentaine de ses amis et élèves français et étrangers - latinistes, historiens, historiens de l'art, archéologues, philologues - poursuivent l'exploration des domaines qu'il a marqués de son empreinte, la poésie, la peinture et l'histoire. Par la variété de leurs approches et la confrontation interdisciplinaire qu'elles appellent, leurs contributions sont l'illustration de la fécondité de ses problématiques scientifiques.
Pierre Cabanes a consacré l'essentiel de sa recherche à l'Illirye et à l'Épire antiques. Ses très nombreuses publications sur cette partie peu étudiée du monde méditerranéen en ont fait un spécialiste de renommée internationale, qui a attiré à l'Université de Clermont II beaucoup de savants français et étrangers. Ceux-ci ont voulu témoigner à Pierre Cabanes leur reconnaissance et leur amitié en lui offrant un élément de leurs propres travaux, entrepris avec lui ou à sa suite. Ses anciens étudiants, qui ont suivi ses traces dans ses domaines de recherche, devenus docteurs ès lettres, ont également voulu marquer, par une contribution à ce volume, la gratitude qu'ils ont envers leur maître.
La zone antique étudiée dans les divers articles ici rassemblés recouvre essentiellement les États modernes de Macédoine, Albanie, Grèce (du nord). Pour les recherches sur ces régions dans l'Antiquité Pierre Cabanes aura été un pionnier.
Le volume réunit les communications présentées lors du colloque. Y ont été étudiés, sous un éclairage prosodique, morpho-syntaxique, sémantico-pragmatique et stylistique, les éléments qui, d'une façon ou d'une autre, ne rentrent pas dans la structure rectionnelle étroite de l'énoncé latin et/ou se situent en marge du système grammatical standard.
Protohistorien, céramologue, Robert Périchon a été une figure marquante de l'archéologie du 20e siècle. Ses travaux sur le Roannais, le Forez ou la Limagne traduisent son attachement à une région qu'il aimait parcourir, sans toutefois s'y restreindre. Le Mont-Beuvray (Nièvre), la ville de Bourges (Cher), Civitavecchia (Italie), le site de Cancho Roano (Espagne), Sejnane ou Jerba (Tunisie), Xu Zhou (Chine), entre autres, autant de lieux dont il a interrogé la mémoire. Le recueil rend hommage à l'homme et au scientifique, en proposant des études variées comme ont pu l'être ses propres travaux. Portant sur la trace laissée par l'homme, du néolithique au 18e siècle, les lieux étudiés dans le volume dessinent une topographie chère à Robert Périchon : la Loire (le gisement néolithique chasséen du Pic de la Violette, le site gaulois de Goincet, la commanderie Saint-Jean-des-Prés), le Puy-de-Dôme (Aulnat), l'Allier (le site du prieuré de Saint-Germain-des-Fossés), le Cher (Avaricum), la Nièvre (les enceintes protohistoriques, antiques et anhistoriques) et enfin la Chine (sur les traces de Victor Segalen). Observations de terrain — stratigraphie, inventaire et typologie — et recherches bibliographiques, hagiographiques, iconographiques ou toponymiques, archéologie des lieux et des textes, les différentes approches proposées se font l'écho des activités multiples d'un chercheur passionné.
Le volume réunit les textes des communications présentées lors de la journée d'étude. Les phénomènes de corrélation, d'anaphore et de cataphore ou de reprise et d'annonce textuelle y sont abordés sous des jours très divers : la phonétique, la morphologie, la syntaxe, la sémantique, la pragmatique et la stylistique constituent autant de domaines d'investigation propres à fournir, dans une optique aussi bien diachronique que synchronique, des éclaircissements complémentaires sur les structures étudiées.
Le volume donne au lecteur une idée de la complexité des liens sociaux et politiques qui reliaient dans un même modus vivendi des classes sociales en apparence très différentes, ainsi que le monde périphérique italien et provincial à la ville. Comment les élites, dans toutes leurs composantes, se mettaient-elles en scène, dans un but de représentation, en utilisant toutes les ressources disponibles, de l'art du portrait à l'écriture, en passant par la décoration des espaces public et domestique ? Les contributions de ce volume entraînent le lecteur en Italie, en Grèce, et dans les provinces de l'Occident romain, avec un intérêt particulier pour les Gaules.
L'ouvrage s'intéresse aux volcans non dans une perspective proprement historique — par exemple datation de telle éruption volcanique — mais dans celle de l'histoire des sciences, de l'histoire des idées, de l'histoire des représentations : description géographique, interprétation religieuse, mythique, conception scientifique, philosophique, représentation littéraire, voire iconographique. Cependant l'étude des discours censés rendre compte des volcans, de leurs éruptions et de leurs conséquences, ne suffit pas. Par-delà les représentations "réelles", l'ouvrage suit une anthropologie de l'imaginaire : montagnes magiques, vivantes, lieux mystérieux et initiatiques, à la fois structures qui mettent en relation mondes souterrain terrestre, maritime, aérien, et machines thermodynamiques, avec incandescences, projections et écoulements. L'imaginaire volcanique est riche et complexe : "profondeur surgie" et terre instable, faite eau ou feu, les volcans sont à la fois terrifiants et fascinants ; manifestations des forces telluriques, ils sont énergie dévastatrice et féconde comme celle du feu : destructeurs et créateurs, ils sont porteurs de vie, de mort, d'immortalité.
L'ouvrage est consacré au vocabulaire, celui de huit poètes latins, d'Horace à Juvénal. Il est le complément des quatre études sur Térence, Lucrèce, Catulle et Virgile contenues dans la deuxième partie Verborvm ratio (paru en 1991) ; il en est aussi la suite chronologique, puisque ces nouvelles études portent successivement sur les Odes d'Horace, les élégies de Tibulle et de Properce, l'œuvre entière d'Ovide, les tragédies de Sénèque, le Bellum ciuile de Lucain, les Argonautiques de Valérius Flaccus et les satires de Juvénal. De l'examen du vocabulaire de chacun de ces poètes se dégage la notion de "mots sensibles" : ceux que l'on trouve le plus souvent comme mots évités aussi bien que comme mots clés dans l'ensemble des œuvres de ces auteurs.
De nombreux travaux ont étudié, depuis plus de vingt ans, la réalité, les modes de vie, les ressources, les émergences des élites locales de l'Italie péninsulaire, de la République jusqu'au Haut-Empire, et de leurs rapports avec le pouvoir central. Est ainsi venu le temps de s'interroger sur la pertinence du terme même d'élites, désormais adopté dans toutes les langues, souvent associé à un adjectif qui le précise, pour désigner des groupes sociaux qui, peut-être, ne méritent pas tous un tel qualificatif. Pour parvenir à visualiser toutes les "facettes" des élites, l'horizon des études s'est élargi, à la fois sur le plan géographique et chronologique (parcours du Moyen-Orient aux Colonnes d'Hercule) et à des incursions diachroniques, à la fois en amont et en aval, de la protohistoire au monde contemporain. Le volume, riche en contributions multiples, permet de répondre à cette interrogation sous-jacente : le mot polymorphe, "élites", est-il pertinent ou ne faudrait-il pas préférer celui de "notables" ?
Les contributions qui forment l'ouvrage précisent plus qu'elles ne synthétisent les rapports entre la musique et la poésie dans les mondes latin et grec. Les analyses pluridisciplinaires permettent de mettre au jour certaines des relations entre la langue et le chant, l'épigraphie et la musique et plus généralement entre la littérature et la musique.
À la suite d'un précédent ouvrage publié en 1992 et intitulé Recherches sur l'histoire et la prosopographie de Paros à l'époque archaïque, l'auteure dresse ici une prosopographie complète de Paros depuis la période archaïque jusqu'à la fin de la domination romaine et présente une étude historique et sociologique de cette île, qui s'est illustrée dans le domaine artistique, non seulement par la qualité de son marbre, mais aussi par celle de ses artistes. Helléniste, l'auteure s'attache à faire un commentaire des sources littéraires et épigraphiques qui lui permet de reconstituer le tissu humain d'une cité insulaire au milieu des grands courants de l'histoire du monde grec jusqu'au 4e siècle après J.-C. à travers les différentes activités politiques, économiques, religieuses et artistiques des Pariens.