En 1989, dans Les Trois écologies, le psychanalyste, philosophe et militant politique Félix Guattari appelait " écosophie " l'articulation éthico-philosophique complexe " entre les trois registres écologiques, celui de l'environnement, celui des rapports sociaux et celui de la subjectivité humaine ". L'écosophie pourrait se définir comme une passerelle transversaliste entre des domaines hétérogènes, comme une ouverture attentive aux mutations (politiques, philosophiques, économiques, techniques et esthétiques) de notre époque, comme une remise en question globale de notre vision de la biosphère, de la technosphère et de la noosphère. Dans une approche résolument transdisciplinaire, cet ouvrage se propose de questionner les perspectives actuelles de ces écologies (écologie urbaine et pensée des territoires, droit de la nature, écologie politique, éthique environnementale, philosophie animale) en accordant une attention particulière aux réflexions et aux pratiques qui concernent l'imagination et l'esthétique environnementales et à l'émergence progressive d'un nouveau " paradigme esthétique " écosophique.
Autour de Michel Foucault, ce volume collectif réunit des historiens et des sociologues qui pensent le droit de punir, du supplice d'Ancien Régime aux usages carcéraux d'aujourd'hui. Si les concepts forgés par Foucault (discipline, panoptisme, gouvernementalité) s'imposent dans les sciences humaines contemporaines, cet ouvrage affronte les problématiques concomitantes de l'enfermement carcéral, des techniques punitives ou de la discipline du corps. Relectures de Surveiller et punir trente ans après sa publication dans le prisme des écrits antérieurs de son auteur, histoire du supplice, du marquage corporel ou de la relégation comme peine, conceptions et usages actuels du droit de punir dans le cadre pénitentiaire, finement analysé par la sociologie : les trois parties des Sphères du pénal avec Michel Foucault éprouvent l'outillage conceptuel que Foucault propose autour des arts de gouverner et de la rationalité néolibérale. Faisant écho au colloque de Genève organisé sous l'autorité de l'International Association for the History of Crime and Criminal Justice, ce volume illustre l'actualité, la fécondité et le renouveau des études pénales dont l'enjeu institutionnel pèse sur le devenir de l'État de droit.
Cet ouvrage propose une approche pluridisciplinaire de l'éthique en lien avec la modernité. La réflexion menée ici se concentre sur la période allant de la fin du 19e siècle à nos jours et sur le monde des lettres et des sciences humaines. Le volume s'organise en trois parties. La première montre que les crises provoquées entre autres par le darwinisme, le progrès des sciences ou la guerre, ont suscité la recherche d'éthiques qui entendaient marquer des ruptures et qui étaient autant d'espoirs de pouvoir remoraliser ou réenchanter le monde. Dans la deuxième partie, sont analysés des exemples illustrant le rapport qui peut exister entre esthétique et éthique dans la littérature. Celle-ci apparaît, tour à tour, comme subversion, témoignage ou volonté d'éclairer le monde, parfois dans le doute et l'incertitude érigés en valeurs. On voit que certaines pratiques esthétiques mènent à des apories ou à des contradictions. L'attention se porte, dans la troisième partie, sur des formes d'engagement social, politique ou philosophique, sur de grands projets, qui sont des réponses aux problèmes, aux défis liés à la modernité. Alors que certains esprits cherchent à aider à comprendre le monde, à éduquer les masses ou rapprocher les hommes, d'autres agissent à travers la provocation, la révolte ou la résistance.
Ce volume est sans doute un des premiers ouvrages qui tienne compte de la masse de mises au point, éclaircissements, approfondissements réunis dans les Dits et écrits de Michel Foucault publiés en 1994. Comment lire cette somme, qui est aussi souvent un commentaire à chaud de l'activité intellectuelle de Michel Foucault ? L'apparente hétérogénéité des nombreux articles, interventions, entretiens qui s'étendent sur une trentaine d'années, laisse apparaître quelques fils conducteurs durables et quelques jalons décisifs qu'il s'agissait de découvrir. La singularité de l'oeuvre littéraire, l'anthropologie, la généalogie de la subjectivité, Baudelaire et Kant, les axes de l'expérience historique : autant de chemins pour mieux cerner la façon dont, dans ces quatre volumes, viennent s'articuler l'histoire et l'intervention dans le présent, qu'il soit politique, littéraire ou philosophique - la part de l'archive et celle de l'actuel.
Cet ouvrage vise à confronter des lectures philosophiques de l'œuvre de Michel Foucault tout en éclairant certaines des pratiques réelles et discursives, que cette œuvre a interrogées – la folie, la médecine, les sciences humaines, la prison, la sexualité. La démarche qui sous-tend cet ouvrage accepte d'emblée l'hypothèse d'une positivité des confrontations, voire des contradictions, mais elle le fait en ayant en tête une interrogation commune, qui transcende les diversités : il s'agit en dialoguant avec le Foucault qui lui-même dialogue avec le Kant de Qu'est-ce que les Lumières ? d'éclairer le nœud entre l'écriture du philosophe, son rapport à l'action politique, sa perception du temps présent, ses convictions quant à la fonction sociale qui lui est dévolue.
Ces contributions constituent une des premières tentatives pour prendre en compte la nouveauté qu'entraîne la mise à la disposition du public des cours de Foucault au Collège de France. L'objectif visé par ces Lectures de Michel Foucault est de problématiser le lien entre le discours historique de la guerre des races, aux XVIIe et XVIIIe siècles, et le racisme biologique de la fin du XIXe siècle, à travers l'hypothèse générale du développement du bio-pouvoir en Occident. Il s'agit ici avant tout d'ouvrir des voies nouvelles de réflexion qui prolongent parfois, mais aussi déplacent ou contestent, les pistes tracées par Foucault.